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Les triathlètes ont été informés des analyses de l’eau de la Seine avant le relais mixte lundi, y compris du dépassement des taux réglementaires sur un des quatre points de test, a indiqué le comité d’organisation des JO de Paris (Cojo).
Après l’annulation de deux entraînements ce week-end car la Seine n’était pas suffisamment propre, la Fédération Internationale de Triathlon (World Triathlon) a décidé dimanche soir du maintien de la course, selon les organisateurs.
« Ces résultats ont été présentés aux athlètes et il n’y a pas eu d’objection pour nager » de leur part, a dit lors d’un point presse la porte-parole du Cojo, Anne Descamps.
Peu de temps avant l’annonce de cette décision de maintenir le relais mixte, le comité olympique belge avait indiqué que sa triathlète Claire Michel était tombée malade, relançant les interrogations sur la salubrité du fleuve.
Généralement, cette décision de tenir ou non la course se prend la nuit, quelques heures avant, sur la base d’analyses remontant à 24 heures, ainsi que sur des critères comme l’odeur, l’apparence de l’eau, et la météo des dernières heures. Ce système signifie qu’on ne peut être certain qu’après coup si l’eau était baignable ou non au moment précis de l’épreuve.
Depuis le début des JO, quatre séances d’entraînement ont été annulées, et l’épreuve de triathlon masculine avait dû être reportée d’une journée. Interrogée pour savoir sur quelles bases avait été prise la décision dimanche soir, la porte-parole du Cojo, Anne Descamps, a évoqué « la météo » et « des analyses prévisionnelles« .
Les résultats ont été « partagés » avec les athlètes et « on leur partagera les résultats (d’analyses) de ce matin demain » (mardi), a-t-elle assuré.
Nage dans la Seine: « Une nouvelle science dit qu’il y a peut-être un problème »
Elle a lu aux journalistes ce qui avait été communiqué aux athlètes lundi matin par World Triathlon: la décision a été prise en raison de « l’amélioration continue de la qualité de l’eau après les fortes pluies dans la région parisienne les 1er et 2 août« , de « la météo ensoleillée du 4 août avec de fortes températures« . Elle a également évoqué « les résultats d’analyses du 4 août à 5h30 pris sur les quatre points de collecte compris entre 727 et 1.553 UFC/ml » pour la bactérie E. Coli, la plus problématique.
Le seuil réglementaire est fixé à 1.000. Le taux de 1.553 était donc supérieur, mais il ne s’agissait que d’un des quatre points de contrôle et, pour ce point problématique, un second laboratoire a mesuré tous les taux en deçà du seuil, selon le texte lu par Mme Descamps.
Outre la sportive belge, plusieurs triathlètes ont fait état de désagréments gastriques, sans établir de lien avec la baignade.
Pierre Rabadan, adjoint aux JO de la mairie de Paris, a de son côté réfuté « un bilan mitigé » sur les épreuves olympiques dans la Seine. « On a tenu toutes les épreuves comme on s’y était engagé, on est dans un sport naturel qui évolue dans un milieu naturel« , a-t-il dit. « Il n’y a pas pour l’instant de lien direct entre la Seine et une quelconque maladie« , a-t-il assuré. « Il y a aussi plein d’autres athlètes qui sont malades au village et qui n’ont pas nagé dans la Seine et ça, on en parle un peu moins« , a-t-il glissé sans plus de précisions.
EN PRIME
Asselineau explique ceci sur son compte X , relayé par « le média en 4-4-2, que je cite :
« Une startup française nommée Fluidion, spécialisée dans la mesure de la pollution des eaux, analyse quotidiennement la pollution de la Seine. Ses conclusions sont publiques et peuvent être consultées ici.
Les résultats des tests montrent deux types de mesures pour le nombre d’UFC d’E.coli/100 ml :
– Prélèvement « Planctonique » : mesure des bactéries flottant librement.
– Prélèvement « Global » : mesure intégrant les particules de matière fécale ou sédimentaire.
La polémique entre le discours officiel et les mesures scientifiques réside dans les différences importantes entre ces deux types de mesures.
Le 31 juillet, jour de la première épreuve de triathlon, Fluidion a mesuré :
- Pollution « Planctonique » : entre 516 et 867 UFC d’E.coli/100ml, avec une moyenne de 666 UFC, inférieure à la limite de 1000 UFC fixée pour la baignade dans la Seine. Cela a permis aux autorités d’annoncer que le triathlon pouvait s’y tenir comme prévu.
- Pollution « Globale » : entre 1518 et 3538 UFC d’E.coli/100ml, avec une moyenne de 2203 UFC.
Cela signifie que les triathlètes ont nagé dans la Seine et avalé de son eau, qui était en moyenne 2,2 fois plus polluée que la limite maximale autorisée, avec des pics de pollution 3,5 fois plus élevés que cette limite. »