Jeremy B. Rudd
Federal Reserve Board
Les économistes et les responsables de la politique économique estiment que les attentes des ménages et des entreprises en matière d’inflation future sont un facteur déterminant de l’inflation réelle. Un examen de la littérature théorique et empirique pertinente suggère que cette croyance repose sur des fondements extrêmement fragiles et que le fait d’y adhérer sans discernement pourrait facilement conduire à de graves erreurs de politique économique.
Introduction
L’économie dominante regorge d’idées que “tout le monde sait” être vraies, mais qui sont en fait de véritables absurdités.
Par exemple “ « tout le monde sait » que:
Les fonctions de production agrégées (et les mesures agrégées du stock de capital) fournissent une bonnefaçon de caractériser l’offre de l’économie;
Sur une période suffisamment longue-en particulier, celle qui permet aux ajustements de prix nécessaires d’être faits—l’économie reviendra à un état d’équilibre total du marché; et,
La théorie du choix des ménages fournit une justification solide pour un marché en pente descendante
des courbes de demande.
Aucune de ces propositions n’a de fondement empirique; de plus, chacune s’avère être gravement déficiente pour des raisons théoriques.
Néanmoins, les économistes continuent de s’appuyer sur ces idées et des idées similaires pour organiser leur réflexion sur les phénomènes économiques du monde réel. Sans doute, l’une des raisons pour lesquelles cette situation se présente est que l’économie est un système compliqué intrinsèquement difficile à comprendre, donc des propositions comme celles—ci, même si elles sont fausses- nous sauvent
du nihilisme intellectuel.
Une autre raison, plus prosaïque, est celle de Stigler (1982), observation nihiliste selon laquelle “il faut une théorie pour battre une théorie.”
La suite
Mainstream economics is replete with ideas that “everyone knows” to be true, but that are actually arrant nonsense. For example, “everyone knows” that:
- Aggregate production functions (and aggregate measures of the capital stock) provide a good
way to characterize the economy’s supply side; - Over a sufficiently long span—specifically, one that allows necessary price adjustments to be
made—the economy will return to a state of full market clearing; and, - The theory of household choice provides a solid justification for downward-sloping market
demand curves.
None of these propositions has any sort of empirical foundation; moreover, each one turns out
to be seriously deficient on theoretical grounds.1 Nevertheless, economists continue to rely on
these and similar ideas to organize their thinking about real-world economic phenomena. No
doubt, one reason why this situation arises is because the economy is a complicated system
that is inherently difficult to understand, so propositions like these—even though wrong—are all
that saves us from intellectual nihilism. Another, more prosaic reason is Stigler’s (1982) equally
nihilistic observation that “it takes a theory to beat a theory.”